Les maladies chroniques

Les maladies chroniques : une épidémie alimentée par le double fardeau nutritionnel

OMS / C. de Bode

Le double fardeau nutritionnel, en plus de creuser les inégalités sociales, contribue à alimenter l’épidémie de maladies chroniques actuellement responsable de 63 % des décès dans le monde. Car parmi ces maladies chroniques — maladies cardiovasculaires, cancers, maladies respiratoires chroniques, diabète — plusieurs sont liées à l’alimentation (obésité, hypertension artérielle, maladies cardiovasculaires et diabète).

Dix faits sur les maladies chroniques (OMS, 2003) 

Première cause de mortalité dans le monde (63 % des décès)
36 millions de décès (sur un total de 57 millions) annuellement
9 millions de décès avant l'âge de 60 ans
80 % des décès survenus dans des pays à revenu faible ou moyen
61 % de la mortalité totale des pays en développement
Maladies largement évitables — élimination des facteurs de risques
Coûts élevés de la prise en charge (maintien ou glissement des
malades dans la pauvreté)
Frein au développement (pertes de productivité)
Un milliard et demi d'adultes en surpoids dans le monde (2008)
Près de 43 millions d'enfants de moins de 5 ans en surpoids ou obèses (2010)

En ce début de XXIème siècle, ces maladies chroniques pèsent donc lourdement sur la santé des populations des pays en développement. Parce qu’elles sont, pour la plupart, caractérisées par une évolution qui demeure longtemps silencieuse, l’épidémie demeure toutefois peu visible et trop largement sous-estimée.

photo_maladies_chroniquesEn raison de la menace que les maladies chroniques font peser sur le développement des individus, des familles et des communautés, l’OMS a d’ailleurs appelé à un investissement massif pour leur prévention. Cela pose un double défi pour les pays en développement, dont les populations sont encore largement frappées par les infections, les complications périnatales et la malnutrition. Dans l’intérêt des populations, le combat contre les maladies chroniques ne peut cependant attendre que ceux menés contre les maladies transmissibles et la malnutrition soient gagnés.

Maladies chroniques en lien avec la nutrition

Maladies cardiovasculaires et diabète dominent largement le tableau des maladies chroniques et leurs liens avec la nutrition sont solidement établis. La responsabilité de la nutrition dans le développement des maladies cardiovasculaires et du diabète est indéniable. Trois décennies d’études animales et épidémiologiques montrent que des apports nutritionnels déséquilibrés, qu’ils soient insuffisants ou excessifs, présents ou passés peuvent dérégler le métabolisme des glucides, des lipides, de la pression artérielle ainsi que l’homéostasie énergétique.

Culture maraîchère à Parakou, Bénin

Culture maraîchère à Parakou, Bénin

Nous ne ferons ici qu’évoquer le cancer, car le lien entre cancer et nutrition est moins clairement établi qu’il ne l’est pour les maladies cardiovasculaires et le diabète. Certes, les travaux épidémiologiques suggèrent une influence de la nutrition sur le risque de certains cancers. L’obésité semble augmenter le risque de cancer colorectal, œsophagien, du sein et de l’endomètre. La consommation de fruits et légumes pourrait diminuer le risque de cancers du tractus gastro-intestinal. Néanmoins en l’état actuel des connaissances, le consensus est loin d’être atteint, toutes les études ne supportant pas ces évidences épidémiologiques. Notre position s’appuie sur les preuves actuelles. Mais les connaissances dans ce domaine évoluant rapidement, il est certain que les prochaines mises à jour réviseront si nécessaire la solidité des nouvelles évidences.

Pour plus d’information sur les maladies chroniques liées à la nutrition, consultez les dossiers thématiques préparés par l’équipe du Pôle DFN sur le diabète, les maladies cardiovasculaires, les facteurs de risque, l’origine précoce des maladies chroniques liées à la nutrition, ainsi que les stratégies de lutte contre les MCLN.  (PDF)