Stratégies d’intervention contre les MCLN

Une lutte à orchestrer de manière intégrée

La progression fulgurante des maladies chroniques, première cause de décès dans le monde, représente un enjeu de santé publique majeur en ce début de XXIe siècle. Depuis le début du nouveau millénaire, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) multiplie d’ailleurs les appels à l’action pour faire « halte à l’épidémie mondiale de maladies chroniques » — obésité, diabète, maladies cardiovasculaires, hypertension artérielle, cancers, etc. Il reste cependant beaucoup de travail à faire pour atteindre cet objectif, particulièrement dans les pays en voie de développement, où surviennent 80% des décès mondiaux liés aux maladies chroniques et où ces pathologies touchent des personnes plus jeunes que dans les pays développés.

Les exemples concrets d’approches intégrées de lutte contre le double fardeau nutritionnel sont encore peu nombreux : soit on s’attaque à la dénutrition, ou alors aux maladies chroniques, mais rarement aux deux types de problèmes nutritionnels à la fois. S’il est vrai que la malnutrition concerne en priorité les mères et les jeunes enfants et que les troubles de surcharge affectent surtout les adultes, l’interaction démontrée entre les deux types de troubles — la malnutrition pendant la vie fœtale ou la première enfance augmente les risques de maladies chroniques plus tard dans la vie — appelle à une intervention intégrée.

Pour ce faire, l’une des difficultés est notamment de convaincre les décideurs d’agir pour la prévention avant que les systèmes de santé ne soient dépassés par l’épidémie de maladies chroniques et que les populations freinées dans leur développement. La nutrition, discipline au confluent de la santé, de l’éducation et de l’agronomie, constitue une porte d’entrée stratégique pour orchestrer la lutte contre les maladies chroniques — et le double fardeau nutritionnel — de manière intégrée. Elle permet effectivement d’impliquer et de mobiliser les acteurs de ces différents secteurs d’activités afin de donner plus de poids au plaidoyer et de sensibiliser les décideurs politiques à la nécessité de mettre en place des politiques et programmes publics de prévention complémentaires et cohérents. Pour mener ce plaidoyer efficacement et en fonction de données factuelles vérifiées, la surveillance épidémiologique et la recherche ont également un rôle fondamental à jouer. Il est donc indispensable de se préoccuper de la formation de ressources humaines, en qualité et en nombre suffisants, pour assurer la mise en oeuvre de toutes ces actions.

Pour plus d’information sur les approches de lutte contre le double fardeau nutritionnel et les MCLN ainsi que sur les programmes de prévention et de prise en charge des MCLN et autres interventions spécifiques, consultez les dossiers thématiques préparés par l’équipe du Pôle DFN (PDF)