Pôle DFN : Un symposium à Bangkok sur le double fardeau nutritionnel en Afrique

Dans le cadre du congrès international de nutrition qui s’est tenu à Bangkok du 4 au 9 octobre 2009 TRANSNUT, centre collaborateur de l’OMS sur la transition nutritionnelle et le développement au département de nutrition de l’Université de Montréal, a organisé un symposium sur la transition nutritionnelle et le double fardeau de la malnutrition en Afrique subsaharienne.

Le Professeur Hélène Delisle, directrice de TRANSNUT, a rappelé la problématique du double fardeau nutritionnel en Afrique. Le continent est désormais confronté à un accroissement rapide de la prévalence des maladies chroniques – diabète et les maladies cardiovasculaires – indéniablement favorisé par les changements du mode de vie, particulièrement en ville. Parallèlement la malnutrition et les carences en micronutriments se maintiennent à des niveaux inacceptables.

Le Professeur Jean-Claude Mbanya du Cameroun, nouveau président de la Fondation internationale du diabète, a présenté ses importants résultats de recherche sur l’obésité et le diabète dans son pays et dans d’autres régions africaines. Les chiffres sont inquiétants : en 10 ans, le taux d’obésité chez les jeunes de 5 à 16 ans a quintuplé en milieu urbain au Cameroun. Sur une même période, l’obésité abdominale a considérablement augmenté et la prévalence du diabète de type 2 chez les adultes est passée du simple au triple; on parle maintenant de « diabésité ».

Monsieur Bernard Maire, chercheur à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), a présenté un état actuel des connaissances sur la relation entre carences en micronutriments et risque de maladies chroniques. Dans la limite des données disponibles, il existe indiscutablement un lien entre les carences en vitamine A, folates, vitamine D, calcium, zinc notamment et le risque de diabète et de maladies cardiovasculaires. La recherche étant encore embryonnaire, la causalité reste à établir.

Le Professeur Hester Vorster d’Afrique du Sud, a abordé les stratégies nécessaires pour faire face à ce double fardeau. Elle a insisté sur l’importance d’un environnement nutritionnellement sain. Ce qui suppose de pouvoir accéder à une alimentation suffisante et de bonne qualité et de pouvoir choisir une alimentation saine. L’Afrique du Sud a développé un guide alimentaire adapté au contexte, outil indispensable à la communication nutritionnelle.

Pour terminer, le Dr Chizuru Nishida de la Direction de la nutrition à l’OMS Genève a fait un survol des politiques et programmes de l’OMS qui ciblent le double fardeau nutritionnel : surveillance des facteurs de risque des maladies chroniques et appui aux pays pour la mise en œuvre d’une politique de prévention dans les écoles. La prévention s’adresse à tous les âges de la vie. Mais l’âge scolaire est particulièrement crucial pour agir contre le double fardeau de la malnutrition.